mardi 8 septembre 2015

LA MAISON DU THEÂTRE EST ARRIVEE, ET LA SAISON ...

Et la maison de toile abritera les poètes, lui, Prévert, et les autres car si on dit souvent "comme dit le poète" on le rend plus anonyme que proche ou plus en nous que jamais ou plus nous que nous-mêmes, et son poème que l'on retient devient celui qu'on écrit quand on le lit "ce que j'écris c'est toi, c'est moi, des mots c'est vrai, mais vrai... comme les vagues qui vibrent depuis mes pieds, ces drôles d'oiseaux blessés, et me submergent pour me noyer, tous les jours, mais je ne sais pas ce que c'est qu'un jour..."


Sables mouvants 
Démons et merveilles 
Vents et marées 
Au loin déjà la mer s'est retirée 
Démons et merveilles 
Vents et marées 
Et toi 
Comme une algue doucement caressée par le vent 
Dans les sables du lit tu remues en rêvant 
Démons et merveilles 
Vents et marées 
Au loin déjà la mer s'est retirée 
Mais dans tes yeux entrouverts 
Deux petites vagues sont restées 
Démons et merveilles 
Vents et marées 
Deux petites vagues pour me noyer. 
 







Toi, chapiteau,
Tu vas te planter comme un arbre, un peu tordu mais solide, et ouvert de ce creux mystérieux qui cache le rêve et l'histoire du monde.


Et tout autour de toi, les yeux curieux imaginent.



Quel jour sommes-nous  Nous sommes tous les jours  Mon amie  Nous sommes toute la vie  Mon amour  Nous nous aimons et nous vivons  Nous vivons et nous nous aimons  Et nous ne savons pas ce que c'est que la vie  Et nous ne savons pas ce que c'est que le jour  Et nous ne savons pas ce que c'est que l'amour. 
 

dimanche 30 août 2015

FULL SWING

 Elle se balance
My teeterboard
My seesaw
My swinging
My swing

Elle se balance
son ventre rond dans les étoiles
ses fesses beiges dans le hamac d'argent

Elle se balance et grille tout sous ses ailes

Ma lune





 C'est écrit ça y est. Le projet. Janvier 16.





"J'ai tapé sur l'épaule ronde de Philémon qui voulait me donner les seiches qu'il avait pêchées le matin même. Mais sans cuisine, et sans glacière, et sans le temps, et sans tout ce qu'il faut pour prendre soin de ces êtres précieux, de ces bijoux de l'océan, de ces perles de Kanumera. Nous avons parlé longtemps avant de dire à demain, à bientôt, à quand et quand j'ai atterri à l'autre bout de l'île son frère m'a dit "tu devrais demander au grand frère une place pour te faire une maison.""Oui j'ai dit, avec des lèvres rouges et des dents lumineuses et la salive bleue de la reine des écrans noirs l'enveloppe du goût sucré des papilles salées des mots tendres et des épaules de diamant, oui.""Tu serais là longtemps, il m'a dit tout en conduisant le minibus, assez longtemps pour faire du bien à nos enfants.""Oui j'ai dit, mais j'étais là et à mille places à la même seconde. Oui j'ai dit, ma lune, ma lune, ma balançoire aux jupes vertes, mon feu sur la route dans l'île, mon portrait FULL SWING dans ma nuit. Oui j'ai dit, et quand j'arriverai à l'aéroport il y aura des persiennes de bois envahies de pétales rouges."








samedi 29 août 2015

TON PORTRAIT MON ÎLE

C'est tout en sachant que les deux jours qui viennent n'auront pas de repos, n'auront que bavardages et rires, cris et verres levés, poissons et grillades enlevés, tables et chaises dressées et redressées et jours et nuits qui se touchent, que s'écrit ce qui va bientôt se jouer, se répéter.







EXTRAIT


... Il sort trempé, la tête pleine de chansons. Quelques gouttes épaisses et rondes glissent sur les feuilles éparpillées sur la table, sur le sol, sur le lit. L'encre se dilue, se mélange à d'autres gouttes d'eau. Les mots s'échappent malgré lui. Mon île, ma merveilleuse,  je t'écris... je te parle... c'est sans cesse que mon esprit roule et flotte sur l'espace.... je ne contrôle rien... depuis... j'essuie ma peau, j'essuie mes yeux... je t'essuie toi aussi avec toute la douceur que ma poitrine me commande. Je choisis les vêtements comme des bijoux précieux. chacun se lève sous tes yeux. C'est pour toi. Je vais venir ce soir, et tu viendras toi aussi.

La musique s'emballe, un vieux morceau de bal hurle une plainte rouge.

Mon île, ma merveilleuse, regarde je m'assois je t'attends je me lève je te cherche je vais d'un côté je vais de l'autre le monde est à droite le monde est à gauche mais ta douceur est dans mon sang ta lumière dans mes yeux ta fortune dans ma bouche ton immense présence sur ma langue tu vas venir je cours encore je vais venir aussi j'ai bien conduit ma voiture jusqu'ici j'ai bien dans mes poches tout ce qu'il faut pour te payer un verre tout ce qu'il faut pour te tourner la tête tout ce qu'il faut pour nous enlever à l'aube loin de la fête hurlante de la foule agressive nous emporter sur la rive dans le jardin de velours jaune dans le coton de nos persiennes dans le soleil de notre monde.

La musique est dominée par la voix d'un chanteur médiocre.

Quelqu'un est entré!


EXTRAIT






Moment particulier deux jours avant de quitter l'île. Où ne se sont rencontrés que des femmes et des hommes qui courent après...
Cet vie essentielle AIMER
Quelle souffrance de les voir se débattre, quelle étrange situation que le théâtre au centre de ce tapage humain.





Vivre pour te raconter Mon Île et ton portrait





Ton visage est si près est si doux est si beau est si là est si bon est si vrai est si bleu est si chaud est si doigt est si brûlant est si jambe est si sang est si blanc et si peau et si cils et si chant est si silence
Et le crayon si léger et la peinture si loin et l'encre si imagée et le tissu si vaporisé et la main si légère et l'attraction si forte et la poussée si vraie et la rencontre si puissante et la fusion si rapide et l'évidence si vraie et la lune si pleine et les étoiles nous les étoiles nous l'espace nous la chaleur nous la chimie nous les ondes nous la vibration nous le volcan nous le soleil



Et la lumière efface l'ombre, l'espace porte les Lèvres Les murmures... chuchotés Atteindre Ecouter Aimer





A demain...

jeudi 27 août 2015

L'AUBE FRAÎCHE FRISSONNE DANS LES PALMES DES COCOTIERS

6h.
Aussi rapide que la nuit qui enveloppe la peau de la terre d'ici de son gant, pour la protéger de la lumière, l'aube réveille les oiseaux d'un souffle glacé. La neige de la Nouvelle-Zélande domine les alizés. Quelque part, un lit s'ouvre pour accueillir... Quelque part une nouvelle nuit se veut protectrice, reposante, quelque part... le monde. En Europe de l'est, un homme tape sur le clavier d'un ordinateur. Il se projette un instant dans le mois qui va suivre et ouvre sa messagerie. Dans le sud de l'Espagne, une adolescente prépare son sac de voyage pour partir vers la France. Dans le sud de l'Italie une femme ouvre les contre-vent d'un studio sur la plage aussitôt aveuglée par la luminescence de la lune. A Papette un jeune couple se rendort, deux corps enchevêtrés qui jurent de s'aimer. Un homme respire dans l'haleine douce de la soirée. Un musicien pose sa guitare sur un pied de soutien, et regarde vers le comptoir de l'immense terrasse à Tenerife, allume une cigarette et trempe ses lèvres dans un mojito glacé. Et les esprits s'élèvent et fusionnent et se confondent. Enfin je reconnais le mien, il m'entoure, il me soulève, et quand je lui dis qu'il est beau, qu'il a choisi ses habits avec soin, quand je lui dis que je vois bien pourquoi sa coiffure et son pendentif qu'il me glisse dans la bouche, et je lui raconte l'âme du poisson et le nom de la vague et la petite gueule mousse de ma tortue  sur ma chaussure sur ma guitare et je lui dis que rien ne peut tordre le bras de la vie qu'elle est sur son chemin et je lui montre la direction et je lui dis de regarder la silhouette que notre ombre porte sur le nuage bleu, et qu'il absorbe d'une seule inspiration tous les parfums de la réponse quand il murmure les lettres et les consonnes et qu'il embrasse les voyelles... t... t... jamais comme... qu'il continue de bégayer de répéter de ahaner de s'essouffler de murmurer de reposer de reprendre et de jeter et poser et de reprendre et de jeter et de souffler et de me faire rêver de me faire monter monter jusqu'aux limites de la réalité pour prendre une autre voie... une autre voix... oui je l'entends ta chanson.
6h30
Maintenant le jour est là, alors que la nuit enveloppe là-bas, ailleurs, ailleurs, comme la vie... cette pelote d'épines qui torture la raison et la folie.

Est-ce que les compagnies de théâtre peuvent créer un monde? Est-ce que c'est ce qu'elles tentent toutes dans leur cellule? Microcosme, île petite? Tout Ego seulement? Tout fonctionne donc bien comme une histoire d'atome et d'ion et d'électron et de poussière. Imbibé jusqu'à la fin.

Impossible d'arrêter, de réellement arrêter, de ne plus ouvrir aucun cahier, aucun clavier, aucun projet, impossible, les jours se bousculent au portillon est-ce que la fatigue peut être mortelle comme le disait Vilar?

Je rêve de dormir alors, tomber quand le soleil sera bien haut devant moi. Enfin rêver de moi... de ma vie... ma vraie vie... qui verra le jour un jour...

mercredi 26 août 2015

2629 - IN THE NIGHT - 2629

 Les plus beaux calamars, ceux de l'île des Pins, et la plus douce et la plus sucrée des secondes, celle de la cuisine où l'amour prend tout l'espace. et tout en préparant ces caresses les unes après les autres, et tout en les laissant filer leur goût dans la nuit, l'entrée et course vers ma musique, ma guitare, j'ai rêvé de toi le jour, j'ai rêvé de toi la nuit, tous - tu me manques ma guitare, ton aime me manque - toi mon rêve, ma bateau, ma mer, ma poème, ma dessin, toi, ma, ma, ma, unique et essentielle, immense exceptionnelle plage d'où viennent ces bêtes sucrées et miraculeuses, ma lèvre, ma langue, ma sel et ma mousse, ma ma ma, ma béguaye, ma joaillière, ma sculpture d'argent, ma nautile, ma coquillage, ma oreille, ma ivresse, ma vie, ma te parler me manque, ma te dire, ma te montrer, ma te rêver, ma t'effleurer ma chanson, ma te toi ma sang de ma coeur de ma air ma poumon, ma souffle, chante, chante, chante, chante, joue, joue, joue, joue, vis, vis, vis, vis, vis, ma ta ma bijou di-amant, ma mue ma peau ma frisson ma saison ma




 Merveilleuse bouillante délicieuse recette de la vie






 ma Répit

 ma sieste ma nuit

 ma chaleur



ma Tout



Sans repos, je cours et encore je cours et me rejoignent les âmes qui souffrent et qui me parlent et me racontent leur vie et pleurent et souffrent et me questionnent et me demandent que faire et que dire et que faire et je n'arrive plus à respirer et sur mes yeux s'écrit "je t'écoute, tu peux tout me dire" et encore les âmes me parlent et souffrent encore et je me dis que je n'aurai pas de repos cette année et encore il me dit d'écrire un projet pour décembre janvier et de faire encore ce qu'il faut pour les enfants de l'île et de continuer avec les adultes et il me dit je reviens vendredi et je dis oui et il me dit le cahier des charges et les devis et moi je rêve de toi et je dis oui et je te vois avec tes cheveux qui bougent quand tu te retournes et qu'une assiette recouvre ton gilet beige et que tu me souris et je te dis voilà cette fois c'est arrivé et je change de page et j'écris j'écris tu me diras j'écris et je reviens et cette fois nous sommes deux...

mardi 25 août 2015

DEVIENS QUI TU ES - Nietzsche - et Léonard Peltier

Aujourd'hui c'est à toi de m'écrire, ose, fonce...
































Et signe, à demain ML...

ON NE LES VOIT PAS BIEN SUR LES PHOTOS MAIS ILS SONT LA, LES YEUX QUI SAVENT VOIR NE LES MANQUERONT PAS.


 "Pour moi l'instinct est de perfection inconsciente..." Nicolas de Staël.

Le vol électrique et bleu emporte une nuée de paillons amoureux. Dans les yeux, la mémoire parle et soliloque, solitaire tourmenté, habité d'une âme exigeante qui repousse la négligence, la pelouse de mousse sèche affole les insectes tourbillonnants. Tous cherchent où se poser. Leur détresse gagne une dimension parfaite de la vie. Rassembler, assembler, jouer avec les ailes, jouer avec les mots, leur couleur n'est visible que dans le vol, alors c'est là que les âmes se prennent par la main et partent pour toujours.


 Les nuits sont des routes larges où le théâtre ininterrompu passe dans le futur. Je marche dans ta nuit.

 Sur l'île des pins, encore une fois, la falaise de la différence s'est dressée. Il te faut la mesurer. Quand le futur n'existe pas pour un peuple, comment imagine-t-il demain. Comment l'organise-t-il? Non, il ne le fait pas, pour lui tout ça n'a pas de sens ni de raison.

 Pour raconter exactement il faudra attendre. Des jours et des jours, mais il faut attendre que les yeux voient bien ce qu'il y a à voir. Alors tu attendras et tu verras.



J... Com... t... com... j... n... j... a....


 T... m... m... com... j... n... j... m...


 Les papillons électriques... sont là... il faut les voir... les ailes refermés... et soudain le baiser.




 Tu fais des rêves de plateau de théâtre où ta vie rassemble ses trésors.

 Est-ce que les peintres rêvent ce qu'ils vont peindre?

 Moi je rêve le jour et la nuit et les lumières du chapiteau éclairent le futur.





La passion ne s'épuise jamais. La passion sans mesures. Le temps n'a plus de sens.

Voir, voir, est-ce une condamnation...